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Pétition et mouvement d’entraide pour contrer la crise du logement

Pétition et mouvement d’entraide pour contrer la crise du logement - Claudia Collard : Actualités Société

Vanessa L’écuyer, Bianca Turcotte et Jessie Quirion.

La pénurie de logements qui sévit à la grandeur du Québec n’épargne pas Lac-Mégantic. Cette réalité affecte particulièrement les familles qui, en plus d’avoir de la difficulté à trouver un appartement suffisamment grand pour y demeurer avec leurs enfants, se heurtent à une forme de discrimination, nommée ou non. Sans compter la hausse du coût des loyers, qui freine encore plus l’accessibilité. D’où le lancement d’une pétition, dans l’espoir d’améliorer la situation.

L’initiative citoyenne a pris son envol grâce à Vanessa L’écuyer, Bianca Turcotte et Jessie Quirion. Alors stagiaire en travail social, Vanessa était à la recherche de témoignages portant sur les inégalités sociales, notamment celles concernant l’accès au logement. À la recherche d’un logement depuis plusieurs mois pour elle et ses quatre enfants, Bianca a répondu présente, tout comme sa cousine Jessie, ayant récemment vécu cette problématique. Le 19 mai dernier, les trois jeunes femmes prenaient part au lancement d’un journal réunissant les témoignages et de la pétition.

En parallèle, la page Facebook «Crise du logement, Lac-Mégantic. Entraide entre résidents» a été créée, permettant d’accéder à la pétition mais aussi à plusieurs informations et partages d’expériences, démontrant l’ampleur du phénomène. À elle seule, Bianca est bien placée pour en témoigner. Mère de quatre enfants en garde partagée, il est essentiel pour elle de demeurer à Lac-Mégantic ou à proximité. Mais elle ne trouve rien et demeure pour l’instant chez ses parents. «Je vis de la discrimination dû au fait que j’ai des enfants et que je sois monoparentale. J’ai aussi un chien et les animaux sont rarement acceptés», témoigne-t-elle, communiquant s’être notamment fait dire par un locateur qu’il ne voulait pas se faire «taper sur la tête» par des enfants.

Bien que la discrimination dans le domaine du logement soit interdite au Québec, la réalité sur le terrain est toute autre, souvent insidieuse. «Les propriétaires ayant l’embarras du choix, c’est plus difficile pour les familles de se trouver un logement. J’ai un enfant et je suis enceinte. Lorsque j’étais encore à la recherche d’un logement, on m’a nommé une fois que c’était un bloc tranquille… Oui c’était un peu évasif mais ça voulait dire qu’ils ne voulaient pas trop de bruit dans le logement (donc pas d’enfant). Ailleurs, voyant que je suis enceinte, le propriétaire m’a demandé si je réalisais que mes dépenses allaient augmenter avec un deuxième enfant! Pourtant j’avais de très bonnes références d’un ancien propriétaire», partage Jessie, qui qualifie son revenu familial, incluant celui de son conjoint, comme «moyen».

«Les coûts de loyer sont élevés aussi. Si pour un couple avec un revenu moyen c’est difficile de trouver, imaginez pour les personnes plus pauvres? C’est pour ça que j’ai décidé de m’impliquer, de participer à ce mouvement d’entraide. On voit beaucoup de nouvelles constructions de luxe en ville, qui lèvent rapidement comparativement à celles offrant des logements plus abordables. Certains logements sont moins chers à Saint-Georges ou même à Sherbrooke. Je comprends qu’on cherche à attirer des gens de l’extérieur pour combler les emplois vacants mais si les gens d’ici déménagent ailleurs, on n’est pas plus avancés», fait valoir Jessie.

La pétition lancée le 19 mai demande notamment l’élaboration d’un règlement municipal limitant les logements réservés au tourisme, ainsi que la construction et la conversion d’immeubles pour du logement de luxe. On souhaite également l’établissement «d’un plan clair et des investissements pour la construction, d’ici moins de trois ans, de logements salubres, sécuritaires, au loyer bas, en nombre suffisant et répondant aux divers besoins des habitants». L’expression «loyer bas» diffère du logement abordable, dont le prix est habituellement basé sur le coût moyen des loyers, communique Vanessa. On évite aussi d’utiliser l’expression «loyer modique», celui-ci devant répondre à des critères très précis, auxquels ne répondent pas tous les ménages à revenus modestes.

Les signataires de la pétition demandent aussi le développement de mesures concrètes contre la discrimination et de l’aide directe «pour loger les habitant(e)s actuel(le)s de la ville, sous forme de soutien financier et de programmes d’accompagnement à la recherche de logements.»

En plus d’être accessible en ligne, la pétition, appuyée par l’Association des locataires de Sherbrooke, est disponible en copie papier à la Maison de la Famille, au Centre des femmes, à l’Ensoleillée et éventuellement dans certains commerces locaux.

«À court et moyen terme peut-être que rien ne va bouger mais on souhaite que les gens sachent qu’ils ne sont pas les seuls à vivre cette situation, qu’il y a des ressources et qu’ils peuvent en parler», termine Jessie Quirion, indiquant que plusieurs informations pertinentes sur le sujet sont accessibles via la page Facebook «Crise du logement, Lac-Mégantic. Entraide entre résidents»

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