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Connaître nos biais inconscients pour agir autrement

Connaître nos biais inconscients pour agir autrement - Claudia Collard : Actualités Société

Corrine Béguerie, Ph.D, professionnelle de recherche à l’EDI2. (Photo Claudia Collard)

 «Un biais inconscient c’est un raccourci que fait notre cerveau en fonction de toutes les informations qu’on a accumulées au cours de notre vie. On ne fait pas exprès mais parfois ça peut avoir des impacts importants», laisse entendre Corrine Béguerie, professionnelle de recherche à l’institut EDI2 (équité, diversité, inclusion et intersectionnalité).

De passage dans la MRC du Granit le 22 février dernier, Mme Béguerie accordait une entrevue à l’Écho à la suite d’une formation auprès d’élus et de représentants d’organismes et d’organisations, intitulée Biais inconscients et pratiques inclusives. Cette détentrice d’un doctorat en relations industrielles répondait à une invitation de Promotion des Estriennes pour initier une nouvelle équité sociale (Pépines), organisme responsable de cette activité.

L’environnement dans lequel on a grandi et été éduqué, tout comme nos lectures et autres apprentissages, contribuent au raccourci mental qu’on nomme biais inconscient. «Quand on a une décision à prendre, qu’on doit mettre en œuvre une action, on a besoin rapidement d’avoir une réponse et le cerveau va nous envoyer cette réponse en fonction de tout ce qu’on a accumulé comme information», explique celle dont les intérêts de recherche portent notamment sur l’intégration des personnes immigrantes et de l’EDI dans les milieux de travail.

Le biais de première impression est un bon exemple de raccourci mental, fait valoir Corinne Béguerie. «Quand quelqu’un entre dans une pièce, vous allez avoir une première impression de cette personne pour tout un tas de raisons: parce que vous allez la trouver belle, pas belle, que c’est une personne noire, qu’elle est dans un fauteuil roulant… peu importe. La première image que vous avez de cette personne va vous renvoyer vers une pensée ou un stéréotype. En entrevue d’embauche, on sait qu’on peut être influencé par la première impression. C’est pour ça qu’on va avoir des grilles d’entrevues qui vont nous permettre que ce soit exempt de biais inconscients, on va pondérer certains critères, s’assurer de la compétence des personnes pour être le plus objectif possible.»

C’est donc en prenant conscience de nos biais inconscients qu’on peut modifier nos comportements. Encore faut-il qu’on y soit confronté. «L’environnement est vraiment important. Lorsqu’on a une certaine homogénéité autour de nous, forcément on a moins l’occasion de voir les impacts de nos biais. Lorsqu’on a un réseau plus diversifié, on est mieux en mesure de se remettre en question, de communiquer, de poser des questions. C’est lorsqu’on rencontre la différence, qu’on se rend compte de nos lunettes.»

Si les biais inconscients peuvent mener à de la discrimination, par exemple si un patronyme étranger ou des études réalisées à l’extérieur du Québec mentionnés sur un curriculum vitae deviennent un frein à l’entrevue d’embauche, leurs effets s’appliquent aussi à la migration interrégionale. «C’est pas toujours évident de s’intégrer dans des communautés tissées serrées. D’où l’importance pour les milieux d’accueil de capitaliser sur ce qui fonctionne bien et de voir ce qu’on peut améliorer.»

Pour s’assurer de la participation des nouveaux arrivants aux activités destinées à favoriser leur enracinement, Mme Béguerie indique qu’il faut les inclure dans le processus. «Il faut essayer de regrouper dans un comité organisationnel des représentants de toutes les parties impliquées, incluant les personnes qui sont visées par l’activité, afin qu’elles puissent donner leur avis.»

Comme dans plusieurs régions, l’attrait et surtout la rétention des nouveaux arrivants sur le territoire de la MRC représentent un défi constant et plusieurs moyens sont déjà en place pour le relever, auxquels s’est ajoutée la rencontre du 22 février. Au fil des formations qu’elle donne un peu partout, Corrine Béguerie confie apprendre énormément. «On a vraiment de belles conversations. Oui, il y a des résistances comme dans tout, mais il y a beaucoup d’ouverture. Ça me fait cheminer beaucoup. J’aime avoir ces discussions car ça nourrit ma réflexion comme chercheur.» 

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