L’intelligence artificielle au service des fraudeurs

L’intelligence artificielle au service des fraudeurs - Rémi Tremblay : Actualités

Les arnaqueurs visent les grands-parents et les voix au téléphone recréées au moyen de l’intelligence artificielle rendent les scénarios crédibles.

Nouvelle vague de fraudes de type grand-parent en région. Cette fois, les fraudeurs ajoutent un nouvel allié à leur coffre à outils pour s’introduire à domicile, l’intelligence artificielle, qui confond habilement les victimes en recréant la voix d’un proche, un enfant ou un petit-enfant jeté en prison pour un motif quelconque, selon le scénario utilisé, et qui a besoin d’une somme d’argent servant de caution. Dans un scénario bien préparé, un faux avocat mène le subterfuge au téléphone ou par courriel.

«Il y a eu plusieurs cas de ce genre ces dernières semaines, je dirais quatre ou cinq. L’interlocuteur se fait passer pour un avocat mandaté par un proche de la victime. Maintenant, les fraudeurs font intervenir l’intelligence artificielle pour reproduire la voix du membre de la famille qui est dans le pétrin. Ils vont jusqu’à demander à la victime une somme pouvant aller jusqu’à 5 000$ pour le libérer de prison. Payable maintenant!», signale le sergent Charles Therrien, responsable du poste de la Sûreté du Québec de la MRC du Granit.

Signe que la fraude grand-parent évolue, les réseaux d’arnaqueurs disposent de la voix réelle des personnes qu’ils sont sensés aider à sortir du pétrin, en utilisant les réseaux sociaux sur Internet ou des extraits de voix captée au téléphone. L’intelligence artificielle reconstruit le message à l’aide et les victimes qui tombent dans le piège sont ainsi persuadées d’avoir reconnu la voix du proche au téléphone.

Dans les cas rapportés en région, les fraudeurs ne sont pas arrivés à leurs fins et aucune perte d’argent n’a été signalée à la police. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé! «Ça vient par vague, dans le 583 et le 582. Quand j’ai commencé le métier de policier, il y a vingt ans, j’avais ma trousse de prise d’empreintes pour les introductions par effraction. Aujourd’hui, le fléau c’est les fraudes!»

Et les enquêteurs doivent redoubler d’efforts pour produire devant le procureur aux poursuites criminelles et pénales une preuve béton, d’autant plus que la Cour suprême du Canada a estimé, dans un jugement rendu le 1er mars, que la recherche par la police d’une adresse IP constitue une fouille et devra dorénavant faire l’objet préalable d’une autorisation judiciaire.

La décision de la Cour suprême a été rendue dans la cause d’un homme lié à une affaire d’achats en ligne frauduleux, en Alberta, et qui a fait valoir, pour sa défense, que les policiers avaient violé son droit à la protection contre les fouilles, les perquisitions ou les saisies abusives garanti par l’article 8 de la Charte canadienne des droits et libertés, lorsqu’ils avaient cherché à obtenir son adresse IP dans le cadre de leur enquête.

En vertu de cette décision qui fait jurisprudence, les policiers doivent maintenant obtenir un mandat d’un juge afin de procéder à cette recherche.

Fraude par sollicitation
Un autre type de fraude continue de sévir, celle où des individus se présentent au domicile de la victime, hameçonnée au préalable par téléphone, et offrent d’inspecter les lieux et de proposer ses services par contrat pour un travail de rénovation ou en lien à la réduction de consommation d’énergie. Là encore, à signer maintenant, avec le paiement d’un dépôt. «Ce n’est pas toujours les mêmes personnes qui reviennent, mais le stratagème est le même. Si un propriétaire se sent mal à l’aise, qu’il demande à voir son permis de colportage. Et si le représentant n’en a pas, il faut refuser et appeler la police. Nous, on peut émettre un constat d’infraction à un vendeur itinérant sans permis. Ça peut dissuader le vendeur à revenir. D’autres ont été interpelés et des enquêtes sont en cours», ajoute le sergent Therrien. 

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