Tafisa à la recherche de son prochain PDG

Tafisa à la recherche de son prochain PDG - Rémi Tremblay : Actualités

Louis Brassard reste sur le siège de président-directeur général jusqu’au choix de la personne qui lui succèdera. Une transition en douceur qui pourrait occuper une bonne partie de l’année 2025.

Le conseil d’administration de Tafisa a entrepris le processus de sélection d’un nouveau président-directeur général pour éventuellement succéder à Louis Brassard, à ce poste depuis 2003. Les chasseurs de têtes sont déjà en mission. Tout a été planifié de manière à garantir que le candidat retenu bénéficiera du mentorat de M. Brassard tout en prenant progressivement les rênes de l’entreprise sur une période transitoire qui s’étendra jusqu’en 2025.

«Louis a non seulement dirigé la croissance de Tafisa, mais aussi son positionnement unique en tant que fournisseur de choix pour des produits décoratifs innovants et de haute qualité sur plusieurs segments. Son dévouement sans faille ainsi que sa vision claire et cohérente nous ont beaucoup impressionnés et nous sommes ravis qu’il ait accepté de continuer à aider l’entreprise et l’équipe au-delà de la période de transition, a déclaré Paulo Azevedo, président du conseil d’administration de Tafisa et d’Efanor. Au nom du conseil et de toute l’équipe, je tiens à le remercier chaleureusement pour sa contribution exceptionnelle.»


«Ça fait longtemps que je suis ici, je m’en vais vers la retraite, mais il n’y a personne d’irremplaçable, confie le PDG à l’Écho. J’ai vraiment le souci que tout ça se passe bien. J’ai été très ouvert avec mes patrons, je leur ai dit que j’allais être flexible. Je vais épauler la personne qui va prendre la relève. On va se répartir un peu les responsabilités», ajoute celui dont le numéro d’employé, le 70, encore inscrit sur son talon de paie, représente les trente ans d’une vie consacrée à l’entreprise du parc industriel. Il continuera de siéger au conseil d’administration de Tafisa, comme il le fait actuellement.

L’entrevue se déroule à son bureau, que vient tout juste de quitter un chasseur de tête venu visiter l’intérieur de l’usine, la seule qu’exploite la maison-mère Sonae Capital Industries en Amérique du Nord. En ville, le bruit s’est déjà répandu que Louis Brassard sera remplacé. La veille, une caissière chez BMR l’a vite reconnu et a offert ses services. Une job se libère? Justement, elle connaît bien les chiffres, lui lance-t-elle à la blague.

D’où la question qui brûle les lèvres: c’est quoi le profil d’un candidat qui aspire être à la tête de la plus grande entreprise manufacturière à Lac-Mégantic, comptant 400 employés, dans deux bâtiments et six lignes de lamination qui fonctionnent sans arrêt sept jours par semaine, vingt-quatre heures par jour, une usine qui se classe comme un leader mondial dans l’industrie de panneaux particules? «Ça prend quelqu’un d’assez généraliste, quand même. On est une industrie qui demande beaucoup de capitaux. Chaque fois qu’on fait des projets, ça se compte toujours en millions, donc, ça prend quelqu’un qui a une connaissance du côté technique, de la manière dont se fait un investissement, comment veiller à un bon entretien des équipements. Ça prend quelqu’un qui a aussi un souci des ressources humaines et des relations avec les gens. Si les employés sont heureux dans leur travail, ils vont bien performer et la suite va couler de source.»
 
Louis Brassard avait 42 ans quand il a été nommé président-directeur général de Tafisa. «Je n’étais pas généraliste à l’époque, mais je pense que j’ai travaillé fort.» Avant lui, le poste prestigieux était, de son propre aveu, une sorte de chaise tournante. L’année précédente (2002), Tafisa avait déclenché un lock-out qui avait duré sept semaines. «Une de mes priorités a été de créer un comité de relation de travail. On a commencé à communiquer davantage avec nos employés. Et encore aujourd’hui, on fait des réunions d’informations générales avec tous les employés, deux, trois, peut-être même quatre fois par année. On parle de comment va l’entreprise, comment vont les marchés, nos opérations, la santé sécurité et des projets qui s’en viennent. C’était nécessaire à l’époque et ce l’est encore aujourd’hui!»
 
PDG mais aussi citoyen

À 63 ans, au moment de faire le bilan, il a tout pour être fier. «Ç’a été une belle aventure, résume-t-il. J’ai toujours aimé le coin. Dans les années 80, j’ai travaillé dans une autre entreprise qui faisait aussi du panneau. En 1988, j’avais 27 ans, j’étais venu visiter Bestar pour des réunions. J’avais entendu parler d’un projet d’une nouvelle usine, par des Espagnols, sur un terrain où il y avait encore des vaches, un aéroport et une forêt derrière. Je voulais avoir une famille, et je me disais: ouais, Lac-Mégantic est une belle place pour élever des enfants.» Sa vision s’est réalisée. Trois enfants et deux petits-enfants plus tard, avec la maison familiale à Sherbrooke et une seconde résidence à Lac-Mégantic, son attachement à la région n’a pas décliné.
 
Son implication dans la communauté est exemplaire, non seulement en terme de commandites, mais aussi comme source d’inspiration de vie active, notamment en étant participant aux épreuves de triathlon et depuis plusieurs années dans le Canada Man-Woman. «Tafisa est une compagnie étrangère, avec des actionnaires à l’étranger. Je voulais créer ce pont-là avec la communauté. On a beaucoup de demandes de commandites à chaque année. On n’est pas capable de dire oui à tout, mais on a établi des commandites qui durent depuis longtemps, par exemple avec la Fondation du CHUS; nos employés contribuent et Tafisa donne l’équivalent de ce qu’ils récoltent. C’est un peu notre modus operandi.»
 
«Il faut regarder ce qu’on a bâti (avec nos équipes) avec les années. On a des employés dédiés et compétents, des approvisionnements fiables, une clientèle établie, un réseau de fournisseurs autour, que ce soit des contracteurs, des compagnies de transport, c’est pas facile à recréer du jour au lendemain», poursuit-il, écartant l’idée qu’un jour Tafisa soit tenté d’aller voir ailleurs. Il y a encore des projets sur la table pour l’usine actuelle. «Dans n’importe quel domaine, le statu quo n’est pas une bonne situation. Dans notre cas, la compétition a augmenté de façon importante, on a des compétiteurs aux États-Unis qui sont de plus en plus forts. Je pense qu’on a quand même su tirer notre épingle du jeu.» Desservir la clientèle et garantir la pérennité de l’entreprise, voilà deux faits d’armes cochés sur la liste de ce qui a été réalisé jusqu’à maintenant.

Tafisa, une filiale du groupe Sonae Capital Industries, fait partie du groupe de sociétés Efanor. Desservant à la fois les marchés résidentiels et commerciaux partout en Amérique du Nord, Tafisa est reconnue comme un leader mondial durable dans l’industrie de panneaux de particules, grâce, entre autres, à l’utilisation de fibres de bois récupérées et recyclées.

Et Tafisa n’a peut-être pas achevé sa succession d’expansions. «On est toujours en constante évolution. Vous voulez savoir c’est quoi la prochaine étape? À l’interne, on a une équipe d’ingénierie, des équipes en logistique, en marketing et tout ce qu’elles font c’est de regarder ce que seront les nouveaux produits. On s’en rend compte, de nos jours ça prend toujours du nouveau pour répondre à la clientèle. À tous les 12, 18 mois, on lance des nouveaux produits pour se distinguer des autres!»

En calculant vite fait la somme de tous les investissements dans l’usine, le total atteint 500 millions de dollars. Chaque fois avec l’accord nécessaire des actionnaires, donc, pas de place à l’improvisation dans l’une des plus grandes usines d’Amérique du Nord.

Le jour où il quittera l’usine, il n’en sera pas moins un membre de la famille «tafisienne». «Je vais m’occuper de certains mandats, de certains projets, de choses plus spécifiques», pour l’Amérique du Nord.

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