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Église de Saint-Ludger : un patrimoine d’une grande splendeur
Croyant ou pas, nul ne peut rester indifférent devant toute la splendeur que nous offre l’église de Saint-Ludger. Nos deux yeux ne suffisent plus à regarder toute sa beauté architecturale. Perché sur la rive sud-est de la rivière Chaudière, son positionnement lui confère un regard privilégié sur le noyau du village.
L’histoire débute en 1883, lorsque le curé Joseph-Samuel Garon est affecté à la paroisse de Saint-Sébastien-de-Beauce et se voit confier la responsabilité de préparer les fondations de nouvelles paroisses, dont Risborough (Saint-Ludger), pour assurer le service à ses futurs colons et déterminer l’emplacement d’un lieu de culte. Cette même année, un lieu est proposé, mais ne retient pas l’attention. Dès janvier 1884, Mgr Elzéar Taschereau, évêque du diocèse de Québec, préconise un lieu plus central, au cœur de la paroisse projetée. Les échanges en restent là.
En 1887, l’abbé Louis-Philippe Miville-Deschênes, curé de la paroisse de Saint-Samuel-de-Gayhurst (Lac-Drolet), prend à sa charge la population catholique du canton de Risborough. Quatre ans plus tard, il suggère un nouveau site pour l’établissement de la mission de Saint-Ludger, soit le long de la rivière Chaudière dans le canton de Risborough. En 1892, l’abbé Prosper-Marcel Meunier, alors curé de Saint-Sébastien-de-Beauce, est mandaté par l’évêché pour désigner l’emplacement de la future chapelle, et c’est le lot 9, près de la rivière, qui est retenu. En novembre 1892, le curé Louis-Philippe Miville-Deschênes est nommé curé desservant de la mission de Saint-Ludger.
En 1895, la construction d’une chapelle-presbytère s’amorce. Le travail est confié à Louis Gagnon, menuisier de Lambton, qui s’engage à parachever les travaux pour le 1er novembre de cette même année. Le coût du nouvel édifice est de 1 350 $, incluant les bancs, l’autel et la balustrade. Rapidement, la chapelle devient trop petite et Mgr Louis-Nazaire Bégin, évêque de Québec, se donne pour objectif de construire une église en bois assez grande pour répondre aux besoins de la population.
À l’origine, le projet comprend l’église et une sacristie pour la somme de 20 000 $. Les plans indiquent que le bâtiment est de 103 pieds de long à l’intérieur et de 50 pieds de largeur à l’extérieur, avec une hauteur de 28 pieds. Une fois la permission de procéder obtenue, on lance un appel de soumissions le 9 décembre 1900. Elzéar Métivier, de Saint-Damien, le plus bas soumissionnaire, s’engage à livrer le nouveau lieu de culte en novembre 1901 pour une somme de 9 600 $, incluant une fournaise. C’est finalement le 25 septembre 1902 qu’a lieu la bénédiction de l’église. Cependant, un souci se présente : l’on doit déplacer le cimetière à l’extrémité sud de la rue de l’Église. Ce déplacement est nécessaire en raison de problématiques répétitives sur le site funéraire, principalement au printemps. Avec l’écoulement des eaux, le terrain dévoile effectivement les coins de certains cercueils. L’ensemble des dépouilles sont donc exhumées et transférées au nouveau lieu de repos.
En 1921, la paroisse procède à l’achat d’un carillon de trois cloches auprès de la Fonderie de cloches Les Fils de Georges Paccard, à Annecy-le-Vieux, en Haute-Savoie (France). La dépense est de 5 002,50 $. En 1940, on procède à l’électrification de l’église, puis, en 1942, l’orgue à soufflet est remplacé par un orgue à tuyaux (opus 1713) de Casavant. Cet orgue est toujours en place à ce jour.
En 1965, le concile Vatican II promulgue de nouveaux préceptes qui amènent l’Église catholique vers une certaine modernisation. Ainsi, en 1969, la Fabrique de la paroisse de Saint-Ludger décide de se départir de la table de communion et de la chaire en place depuis 1911. On remplace les deux éléments par une table d’autel permettant au célébrant de faire face aux fidèles, de même que par un ambon (un lutrin) pour la lecture de l’Évangile. Heureusement, le maître-autel d’origine est demeuré en place.
Aujourd’hui, avec les coûts importants de chauffage en période froide, l’église n’est pas accessible et la messe est célébrée dans la sacristie. Cependant, pour la fête de Noël et quelques autres occasions spéciales, l’église accueille ses fidèles. Le lieu de culte interrompt ses activités à partir de novembre pour une période de quelques mois. L’accès est permis tout l’été jusqu’à l’automne. Toutefois, pour des visites des lieux, on communique avec la sacristine et marguillère, Jacqueline Purcelle, pour faire une demande.
L’église de Saint-Ludger est digne de recevoir le titre de « patrimoniale », un lieu de culte très bien conservé depuis plus de cent ans. Sa splendeur et sa somptuosité méritent d’être visitées et admirées, ne serait-ce que pour un moment de recueillement ou d’introspection.
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