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Clémence Rancourt plonge dans l’histoire familiale

Clémence Rancourt plonge dans l’histoire familiale - Rémi Tremblay : Culture Littérature

Écrire un livre, c’est une aventure en soi, exprime Clémence Rancourt, l’auteure de Kilda – Le rang d’la Dam(e).

Kilda – Le rang d’la Dam(e) est un roman historique qui débute à Saint-Romain dans la famille de Joseph Vallée et de Marie Boulanger. L’aventure se poursuit sur le rang de la Dam, ainsi qu’à Lac-Mégantic. Le premier tome de l’aventure couvre en 646 pages, le vécu de la ruralité au début des années 1900. Lancement dans le cadre des journées de la culture le samedi 1er octobre au Centre sportif Mégantic, de 13h à 16h30.

L’auteure, Clémence Rancourt, a vécu la majorité de sa vie sur le rang de la Dam. Elle a toujours aimé sortir des sentiers battus. Elle s’est impliquée activement dans sa communauté et a contribué au démarrage de plusieurs projets dans la région et ailleurs. Ce premier livre est la réalisation d’un rêve qu’elle porte depuis 25 ans. Sa tante est décédée à 90 ans, c’était la sœur aînée de sa mère. Installée à Montréal très jeune, elle a été la première femme barbier. «J’ai eu à régler sa succession, à fouiller l’histoire de sa vie, c’en est devenu une vraie obsession», confie-t-elle en entrevue à l’Écho.

Mais qui est Kilda? «Kilda, c’est une femme qui est l’ainée des filles d’une grande famille à une époque où ça allait de soit que l’ainée devienne le bras droit de leur mère. La maman avait juste deux bras et comme elle était enceinte la majorité du temps de sa vie ou qu’elle allaitait, elle avait toujours deux, trois enfants aux couches. Elles avaient beau être travaillantes, sur une maison de campagne avec pas d’électricité aucune commodité, les hommes partant aux chantiers l’hiver, elles se retrouvaient toutes seules avec les animaux et les enfants. Donc, les enfants devenaient adultes aussitôt qu’ils étaient capables de faire des choses, autant les garçons que les filles.»

La grand-mère de Clémence a eu 15 enfants, dont sa tante qui est restée auprès de sa famille jusqu’à l’âge de 20 ans. «Quand elle est partie, elle s’est en aller travailler à Montréal. Elle envoyait de l’argent à ses parents pour aider à faire vivre le reste de sa famille. Elle a eu des amours et tout ça, comme tout le monde.» L’auteure ne veut pas trop en dire, puisque le cheminement de sa tante fait partie de la suite, qu’elle n’a pas encore écrite. Un indice: « Elle était féministe sans le savoir.»

«Ma grand-mère a joué son rôle de grand-mère de l’époque, des enfants viennent au monde jusqu’à ce que t’es encore en vie, que t’es capable d’en faire mettre au monde. Ma tante dit dans le roman: «Si mes parents ont trouvé la recette pour faire des bébés, j’va ben être capable de trouver la recette pour arrêter d’en faire. Elle n’était pas vieille, elle gardait ça pour elle, elle ne partageait pas ça. Mais déjà elle commençait à tout remettre en cause. Quand elle a commencé à fréquenter son premier amoureux, lui n’était pressé de se marier, de se caser, mais elle, elle l’a laissé tomber. Moi, dira-t-elle, j’suis pas pressée de me marier et d’avoir une trâlée d’enfants.

À Montréal, sa tante a travaillé dans des maisons privées comme elles le faisaient presque toutes à cette époque. «Pas d’instruction, là-bas logées nourries, un petit peu d’argent et elles en envoyaient une partie chez elles. C’est un scénario qui n’est pas inhabituel. Quand elle a commencé à faire sa vie de jeunesse, (dans le rang de la Dam) elle voyait ses frères se mettre beaux et partaient pour aller veiller. Ils revenaient chaudasses la plupart du temps et elles, elles étaient condamnées à rester à la maison et à voir le père qui chaperonnait dans la porte du salon à surveiller les p’tits becs.»

Clémence Rancourt a pris sa retraite à l’âge de 70 ans. Elle demeure maintenant à Sherbrooke. Et par un heureux hasard son voisin de condo est nul autre que le peintre André Philibert, originaire de Chartierville, où il conserve son atelier. Il allait de soi qu’une de ses toiles figurent en page couverture. 

Le temps passe tellement vite, note-t-elle, en réalisant le tourbillon dans lequel elle se trouve, en voyageant aussi loin dans le passé. «J’ai interrogé ma tante qui m’a décrit leur vie.» Puis, après la famille Vallée, la famille Rancourt. Elle a tenu compte du contexte social de l’époque et pour le reste l’auteure s’est glissée dans la peau de ses personnages, constatant qu’il y a des peines universelles.

«Dans le fond, c’est de nous autres qu’on parle quand on écrit. Pas besoin de vivre les drames pour les comprendre. Ça m’a servi beaucoup pour écrire mon livre. Ça me sert à apprécier tout ce que j’ai dans ma vie.» Los du lancement, le 1er octobre au CSM, le livre sera en vente sur place à 34,95$. À l’achat du livre, un don de 6$ sera versé à la Maison La Cinquième Saison (3$ offert par l’auteure et 3$ par Fernand Rancourt). 

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