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Piopolis célèbre les cultures des Premières Nations
L’Association touristique et culturelle de Piopolis (ATCP) a œuvré en collaboration avec des membres de plusieurs Premières Nations du Canada pour la réalisation de la journée d’activités Tisser des liens, qui s’est déroulée à la Maison culturelle Laurier Gauthier le 20 juin dernier.
Les activités ont débuté par une cérémonie d’ouverture avec le feu et l’eau, des éléments sacrés pour les Premiers Peuples. En soirée, le spectacle de Mimi O’Bonsawin, réalisé en collaboration avec le Festival Saint-Zénon-de-Piopolis, a brillamment su compléter l’essence de cette journée.
Au cours de l’événement, des kiosques de transmission des savoirs, une dégustation de la sagamité – soupe traditionnelle autochtone – et une exploration de la carte géante de l’Atlas des peuples autochtones du Canada ont permis aux personnes présentes de tisser des liens, et ce, sans distinction quant à leur origine.
Se rassembler pour tisser des liens
Joe Cooper et Paule Rochette, les principales organisatrices de l’événement, voulaient que cette rencontre se déroule dans le respect et l’humilité, des valeurs qui rejoignent leurs cultures respectives.« On a une culture à faire vibrer, à faire vivre, c’est ça qu’on sentait aujourd’hui. Que tu viennes du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, ce n’est pas important », lance Paule Rochette, se remémorant ses rencontres de la journée.
Le but de l’activité était d’unir les Premières Nations du Québec et du Canada, tout comme les allochtones, sans tomber dans les pièges des stéréotypes et des préjugés envers leur culture.
« On avait des Micmacs, des Abénaquis, des Wendats, des Anichinabés. Certains venaient même de l’Ouest canadien, plus précisément du Manitoba, comme Joe Cooper », énumère la responsable.
En tant que descendante d’une lignée wendate, Mme Rochette reconnecte avec ses racines et sa culture, qui ne lui ont pas été transmises, faute d’une certaine honte.
« Ma grand-mère cachait tout dans le sous-sol quand j’allais chez elle à Wendake. Pour nous, les petits-enfants, on repart avec un livre et quelques enseignements. C’est tout », se désole la membre de la communauté wendate, consciente du contexte d’assimilation dans lequel a grandi sa grand-mère.
Depuis plusieurs années, elle contribue activement à faire rayonner les valeurs des Premiers Peuples au travers de son être, que ce soit par son emploi à l’Hébergement aux Cinq Sens ou par ses nombreuses implications.
« Quand on crée des événements, c’est comme si la fierté d’avoir du sang autochtone revenait », partage Paule Rochette, qui a été mandatée par Tourisme Cantons-de-l’Est pour assurer la réalisation authentique et respectueuse des événements autochtones en Estrie.
Une vision pour le futur
Le sentiment de connexion au territoire est venu chercher Mme Rochette et Mme Cooper à leur arrivée dans la région de Lac-Mégantic en raison du site archéologique Cliche-Rancourt Mamsalhabika.« C’est le point de départ des premiers humains qui ont foulé le sol du Québec. Les nations n’existaient pas il y a 12 500 ans », indique la résidente de Piopolis, en précisant que le site se trouve sur un territoire de chasse ancestral abénaquis appelé le Ndakina.
L’organisatrice reconnaît que les nations se sont dispersées depuis. Toutefois, elle met de l’avant au quotidien que les Premiers Peuples du Québec et du Canada partagent des valeurs similaires, notamment en ce qui a trait au territoire.
L’événement Tisser des liens a découlé d’un besoin des organisatrices de mettre en lumière le site archéologique. Situé à Frontenac près du lac des Araignées, ce lieu de passage est demeuré significatif pour les Premières Nations du Québec pendant de nombreuses années. Il s’agit d’un lieu de transmission des savoirs, d’un repère pour les premiers humains.
Paule Rochette demeure convaincue que les investissements pour améliorer la qualité des activités sur le site pourront l’amener au niveau supérieur.
« Si on réussit à conserver notre nature, nos lacs, nos cours d’eau, notre forêt, et que ce site-là se structure bien, on va devenir une destination internationale. Les gens vont faire beaucoup de route pour venir ici, sur ce site sacré », annonce-t-elle, pleine d’espoir.
Mentionnons au passage que le site Cliche-Rancourt Mamsalhabika offre des visites guidées gratuitement pendant la saison estivale, du 20 juin au 23 août 2026, sur réservation. Les participants peuvent découvrir les traces d’occupation du territoire et le travail des archéologues grâce aux explications d’un guide de la Corporation du patrimoine archéologique du Méganticois.
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