Recyc-Québec

L’âme incomprise du collectionneur!

Au fond d’un coffre métallique, je conserve précieusement ma petite collection de sous noirs. Vous savez, ces pièces plus ou moins sales qui valaient tellement pas grand chose qu’on les a mises au rancart. Les banques les ont récupérées avec l’intention de les faire fondre. Ma plus vieille date du milieu du 19e siècle. Quand j’ouvre le cartable et que je les regarde pour la xième fois, j’ai comme une étincelle qui s’allume dans mes yeux. Je pense aux gens qui manipulaient ces pièces-là il y a 150 ans, avec la vague impression que, sans doute, la fameuse cenne représentait une véritable fortune tellement elle était dure à gagner. Page après page, un petit voyage dans l’histoire avec le profil des rois et des reines gravées côté face. Certaines, les plus rares, peuvent coûter plus de 40$. J’avoue que c’est toujours un petit pincement au cœur que de sortir l’argent du portefeuille pour acheter une vulgaire cenne. Y’aurait d’autres priorités sûrement, mais bon, qu’est-ce qu’on ferait pas pour ajouter de la valeur à son «trésor».

J’en connais d’autres qui cultivent d’autres passions: des cartes de hockey, des timbres, des épinglettes, des verres, des petites autos, des tasses de fantaisie et même des calendriers. Leur recherche des objets convoités leur procure que du bonheur et meuble leur quotidien, souvent une grande partie de leur vie. Ces collectionneurs-là sont tous atteints d’un genre de fièvre, comme le prospecteur d’or qui ne doute pas qu’un jour il va enfin frapper le bon filon, après avoir capturé au hasard de sa quête des petites pépites qui nourrissaient ses espoirs.

J’en connais même un qui collectionnait les armes. Je n’avais jamais pensé m’intéresser aux armes avant qu’il accepte de me faire voir sa collection. Son «trésor culturel» m’a sauté aux yeux! Un voyage dans l’histoire qui est la nôtre et celle de tous les Nord-américains! Des longs fusils spécialement fabriqués pour berner les indiens au moment des échanges avec les fourrures, jusqu’à des reliques rares du célèbre fabricant d’armes, Winchester. Comme d’autres passionnés de son art, le monsieur en question a consacré sa vie à enrichir sa collection, en parcourant les expositions et en négociant avec certains propriétaires. Il en avait des anecdotes à raconter, presque pour chacune de ses armes. Exemple, l’histoire de cet homme qui, en ouvrant un mur dans la vieille maison paternelle, est tombé sur des armes précieusement enveloppées et qui avaient sans doute été cachées-là par un lointain ancêtre avant le départ pour l’une ou l’autre des deux guerres.

Certaines armes sont de véritables objets de musée. Pas une d’entre elles donnerait envie de s’en servir à des sombres fins. Si vous tombez sur des pointes de flèches de la préhistoire exposées dans une vitrine, est-ce que ça vous incite à vous en emparer pour aller chasser le mammouth? Si, par hasard, vous déterrez un canon abandonné par les troupes d’Arnold dans les années 1700 tranquilles, allez-vous prendre un billet aller simple pour la Syrie avec l’idée de vous attaquer au groupe État islamique? Ils en ont des canons, eux aussi, les méchants barbares barbus.

Un peu désolant de voir comment l’avenir de cette collection se joue ces temps-ci, parce que la Ville a eu le malheur d’avouer que, oui, elle était intéressée à l’acquérir, avant qu’un riche collectionneur de l’extérieur vienne mettre la main dessus pour la garder jalousement loin des regards, dans une pièce à sécurité maximum.

Eh oui, les gens qui viennent de partout depuis deux ans pour voir nos ruines finiront par se tanner et voudront voir de quoi de plus attrayant qu’un trou. Ce jour-là, quand le culturel et le patrimonial auront repris leurs lettres de noblesse, peut-être bien que cette collection d’armes trouvera joliment sa place à côté des artefacts du Méganticois. Pas pour glorifier les instruments de guerre, mais plutôt pour rappeler aux générations actuelles une partie de leur histoire et de leur patrimoine. D’autant plus précieux ces objets, que le centre d’archives a été détruit une certaine nuit de juillet 2013. Plus de traces de Donald Morrison et des centaines d’archives familiales réduites en cendres. C’est ça qui fait mal, ces temps-ci! Ce que le «grand feu» n’a pas réussi à consumer risque aujourd’hui de s’envoler!

Les commentaires lus sur les réseaux sociaux vont dans le sens d’une dépense inutile. On sort les gros canons pour tirer à boulets rouges contre la Ville, laissant sous-entendre que ses coffres sont si pleins qu’elle peut s’offrir le «luxe» d’acheter des armes! Quel scandale!

Résultat, la Ville se tient maintenant sur la défensive, avant même d’avoir pu expliquer clairement le pourquoi de son intérêt face à cette opportunité qui lui est offerte de garder chez nous, collectivement, une collection qui, autrement, trouverait vite preneur auprès des collectionneurs privés de l’extérieur de la région.

Cela fait déjà quatre ans que la Ville de Lac-Mégantic manifeste de l’intérêt pour cette collection. Les armes auraient tout à fait leur place dans un éventuel musée, au côté des pièces et des vestiges qui ornent les murs du corridor de l’hôtel de ville, inaccessible au public depuis bientôt deux ans.
Les élus devront rapidement réaffirmer haut et fort leur volonté d’aller de l’avant dans ce dossier, sinon ce sera trop tard.

Surveillez notre édition papier et numérique du 13 février 2015:

-Une maison d’hébergement pour les adultes vivant avec une déficience intellectuelle

-Les sommets thématiques de «Réinventer la ville» : de la réflexion aux actions concrètes

-Une pétition pour briser le cercle vicieux de la pauvreté

-Mesures incitatives pour un centre-ville «vert»

-Le 15e Défi de la Gosford offre un spectacle enlevant

-Nouvelle formation en maintenance d’éoliennes

Et bien plus…

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