Bénévoles Lac en fête

Lire «son» journal!

Malaise au sein de l’équipe de rédaction de l’Écho. Je vous explique. Membre d’Hebdos Québec, une association qui regroupe 31 journaux hebdomadaires indépendants de langue française au Québec, L’Écho participe à la Coalition pour la pérennité de la presse d’information au Québec, formée du journal Le Devoir, du Groupe Capitales Médias, d’Hebdos Québec et de TC Transcontinental, qui regroupe 137 hebdomadaires et huit quotidiens, incluant Métro (le journal pas l’épicerie).

La Coalition demande à l’État «la création d’un programme d’aide pour que les journaux poursuivent le virage numérique imposé par la multiplication des plateformes.» L’argumentaire: ces 146 journaux regroupés derrière la bannière de la Coalition informent chaque semaine près de six millions de Québécois, soit près de 80% de la population. Pour maintenir une presse d’information en santé, il est important, disent ses porte-parole, d’obtenir une intervention «temporaire de cinq ans» de la part de l’État. Parmi les demandes: programme et/ou crédit d’impôt remboursable couvrant 40% des coûts de production de l’information, programme et/ou crédit d’impôt remboursable couvrant 50% des investissements numériques, exemption de la contribution payable en argent en vertu de la Loi 88 qui oblige les journaux à participer au financement des coûts nets des services de collecte sélective municipale (une facture qui a augmenté de 1075% depuis 2006), l’abolition des taxes de vente pour les journaux vendus et l’augmentation significative du budget gouvernemental à l’égard des placements publicitaires dans les journaux québécois qui ne reçoivent pas leur juste part des investissements publicitaires de l’État. C’est en gros tout cela que l’industrie des journaux souhaiterait obtenir pour mieux s’inscrire dans l’ère numérique.

Depuis le temps qu’on prédit la fin du format papier, ce n’est pourtant pas demain la veille que l’Écho sera en mesure de vous proposer un modèle réduit de La Presse+. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais plutôt les ressources! Alors, en quoi ce serait «malaisant» de demander à l’État qu’il donne un coup de main pour le fameux virage numérique qu’il faudra, de toute façon, prendre un jour ou l’autre si l’hebdo veut survivre après 87 ans de présence dans son milieu? Un dinosaure qui a encore le goût de transporter sur son dos, plutôt que sur une tablette volante, la liberté d’expression des communautés du Granit!

«Nous devrions avoir accès à des programmes semblables à ceux que reçoivent l’industrie cinématographique et l’industrie télévisuelle pour protéger les milliers d’emplois de qualité que nous fournissons à des gens d’ici», insiste Bryan Myles, directeur du Devoir. Le voilà le malaise! Le Devoir, ce quotidien pas comme les autres, libre, avec son indépendance de pensée, sans attache à une option politique quelconque. Un David qui fait son chemin dans la cour des géants. Inspirant, mais fragile. Vous vous souvenez? Pierre Péladeau lui avait sauvé la vie avec son appui financier dans les heures les plus sombres. Même s’il jugeait les articles du Devoir «trop intellectuels» pour ses lecteurs du Journal de Montréal et du Journal de Québec, Péladeau considérait avoir une dette morale envers les Québécois et refusait d’être le créancier responsable de la mort de ce journal. Il aidait à renflouer les coffres!

Je vous dis ça parce que, justement, samedi dernier, Josée Boileau a parlé de l’Écho à l’émission Samedi et rien d’autre animée par Joël Le Bigot à la radio de Radio-Canada. Celle qui est devenue notre amie, pas sur Facebook mais en vrai, a été rédactrice en chef au Devoir, «le quotidien indépendant par excellence» pendant sept ans. Avec son regard lucide sur l’industrie des journaux, elle nous éclaire! Presque gênant d’être cité par elle sur de grosses tribunes pour le travail que l’équipe de l’Écho fait à l’échelle locale.

«Malaisant» que cela arrive au moment où l’Écho s’inscrit dans une coalition qui demande l’aide de l’État. Après tout, si Le Devoir, un jour, a été sauvé par Pierre Péladeau, pourquoi pas l’Écho et 145 autres par l’État? Non pas que ce soit une question de vie ou de mort, plutôt une façon d’assouplir les règles du jeu pour éviter que la liberté d’expression soit un jour étouffée par des surcharges fiscales de plus en plus lourdes.

Est-ce que nos journaux, en tendant la main vers l’État, vont se soumettre au diktat des faiseurs de discours officiels et abandonner le combat que les médias écrits mènent afin de mieux poursuivre leur mission d’information et d’éducation dans nos communautés? Finalement, je nous rassure, ça ne devrait pas être le cas. Voyez-vous, si Martin Cauchon, le propriétaire derrière le Groupe Capitales Médias, possédant La Tribune entre autres quotidiens régionaux, a besoin de ce soutien de l’État via les fonds publics, pourquoi pas les journaux locaux indépendants? Si les membres de la Coalition unissent ainsi leurs voix, c’est parce qu’ils font face à des problèmes communs, qui ne peuvent être réglés que par des politiques justes et équitables pour tous, les gros comme les petits joueurs de cette industrie qui permet la liberté d’expression et les débats publics si essentiels à la vitalité démocratique de nos milieux.

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