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La CVC conteste le tracé de la voie de contournement
En plus des dangers liés à l’eau potable, la coprésidente de la Coalition des victimes collatérales, Yolande Boulanger, souligne que la voie de contournement choisie conserve la pente à l’entrée de la ville, une des plus prononcées en Amérique du Nord. (Photo - Denis Lord)
La Coalition des victimes collatérales demande en Cour d’appel fédérale l’autorisation de contester la décision de l’Office de transport du Canada sur le tracé de la voie de contournement de Lac-Mégantic.
La CVC, qui recueille des fonds pour financer sa démarche, préfère pour le moment ne pas révéler l’identité de l’avocat qui la représente.
Elle révise actuellement son argumentaire et pourrait le modifier en fonction des motifs de la décision, qui ont été rendus publics après sa contestation, soit le 27 août dernier.
Il s’agit d’une démarche séparée de celle la municipalité de Frontenac, mais toutes les deux sont faites en vertu du paragraphe 41(1) de la Loi sur les transports au Canada. « Ce n’est pas exactement la même cause, mais on travaille ensemble », nuance Mme Boulanger.
Un meilleur tracé
La CVC s’oppose au tracé choisi en raison des dangers pour la nappe phréatique et l’aquifère, des expropriations et du nombre de courbes qu’il contient.Elle privilégie un tracé prétendument sans danger pour l’eau potable et sans expropriation de maisons, mais plus long de sept kilomètres. Ce tracé aurait rapidement été écarté par le ministère des Transports et la Ville après une présentation sommaire en 2020 en raison de ses coûts élevés.
Ce tracé partirait du carrefour giratoire à l’entrée de Lac-Mégantic et rejoindrait l’ancienne voie ferrée du Petit Québec Central jusqu’au parc industriel, où une voie rejoindrait ce parc et une autre irait vers Frontenac.
La nappe phréatique
Selon la coprésidente de la CVC, la voie de contournement choisie pourrait contaminer et assécher la nappe phréatique qui alimente en eau potable la ville de Lac-Mégantic, le secteur de Laval Nord et la municipalité de Frontenac, ainsi que des puits du développement du Domaine Roy.« Ça fait depuis 2018 qu’on dit à la ville que c’est dangereux », s’insurge Yolande Boulanger. « Ils vont creuser jusqu’à 100 pieds de profond dans le granit à la dynamite, explique la coprésidente de la CVC, elle-même expropriée. Ça va creuser des failles qui pourraient augmenter le taux d’arsenic, déjà à la limite. »
De surcroît, ajoute-t-elle, la dynamite est elle-même un contaminant, et le dynamitage sous le niveau de la nappe phréatique provoquera un déversement à fort débit dans la rivière Chaudière, qui risque de faire remonter à la surface les hydrocarbures contenus dans les sédiments.
« Saint-Georges et toutes les municipalités qui s’abreuvent à la Chaudière risquent aussi la contamination », affirme la coprésidente de la CVC.
Un autre son de cloche
L’analyse de la CVC diffère de celle du groupe-conseil UDA, mandaté par l’Office des Transports du Canada (OTC) pour effectuer une analyse hydrologique indépendante.« L’UDA, rapporte l’OTC, a conclu que la voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic ne devrait pas présenter d’impact lié à l’eau qui serait à la fois permanent, impossible à corriger et assez grave pour empêcher la réalisation du projet. L’UDA a également cerné des impacts potentiels sur les eaux souterraines, les milieux humides et les écosystèmes associés [et] a émis un certain nombre de recommandations visant à renforcer les mesures d’atténuation, de surveillance. »
Par exemple, l’UDA a recommandé d’étendre à 25 ans « la surveillance des eaux souterraines, des puits et des milieux humides pour mieux suivre les effets imprévus et à long terme ».
Un manque d’études
« L’UDA demandait plus d’études, rétorque Mme Boulanger, mais l’OTC a approuvé le tracé avant de les avoir. »
Pour ceux et celles que son groupe représente, il y a des lacunes dans l’analyse de la topographie. « Il y a moins de passages à niveau mais plus de courbes, explique-t-elle. Il y a une courbe ici sur le granit, puis elle tombe sur de la glaise. Il va y couler de l’eau continuellement à cause de la nappe phréatique. Il va avoir du pompage obligatoire. »
« La voie de contournement sera plus dangereuse que celle qui existe, déplore Yolande Boulanger. […] Elle n’est pas choisie par la science […] et n’a pas d’acceptabilité sociale. […] Il se prépare le pire scandale qu’il n’y a jamais eu. »
La Coalition veut rencontrer les partis politiques provinciaux pour les sensibiliser au dossier.
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