Recyc-Québec

Les coops de télécommunications craignent avoir été court-circuitées au fédéral

Les coops de télécommunications craignent avoir été court-circuitées au fédéral - Rémi Tremblay : Actualités

Wilbrod Dionne, Coopérative de développement et de télécommunication de Stratford, André St-Marseille, Coopérative SolCom Piopolis, Michel Poulin, Coopérative de câblodistribution Bellarmin et Jacques Bureau, Coop de solidarité des Appalaches.

Quatre petites coopératives de télécommunications de la MRC du Granit, qui travaillent à offrir les services d’internet haute vitesse aux communautés non ou mal desservies en région rurale, montent le ton face au silence du gouvernement fédéral et pointent du doigt le géant Bell qui se plaît à leur mettre des bâtons dans les roues. Dans l’attente d’une réponse à une demande d’aide financière logée l’an dernier, les responsables des coopératives pressent le gouvernement Harper de se brancher. «On les a fait, nos devoirs. Les délais d’attente nous inquiètent autant que le silence des instances gouvernementales», lance André St-Marseille, le maire de Piopolis et président de la Coopérative SolCom Piopolis.
«Les autorités fédérales nous avaient pourtant laissé entendre qu’une réponse nous serait communiquée rapidement, d’abord en janvier, puis en février, mais on reporte de mois en mois la confirmation. Nos membres sont inquiets et on note beaucoup d’impatience dans leurs propos», convient son voisin de la Coop de solidarité des Appalaches, Jacques Bureau, visiblement de fort mauvaise humeur à l’endroit de Bell, un gros compétiteur, qui a obtenu du CRTC l’autorisation de hausser de 500% le coût pour accrocher la fibre optique et le câble co-axial à ses poteaux.

Les coopératives ont profité d’un point de presse, mardi, au bureau de la MRC du Granit, pour exprimer leur profond mécontentement, en présence de Jean Paré, le bras droit du député ministre Christian Paradis, le crayon bien en main.
L’ex-maire de Saint-Robert Bellarmin, Michel Poulin, occupe toujours le poste de secrétaire-trésorier à la Coopérative de câblodistribution Bellarmin, qui fait office de pionnière dans ce domaine. D’un tempérament plutôt calme, l’homme d’affaires sent monter la pression. «Notre coopérative est prête à procéder à l’installation, mais elle ne peut le faire avant d’obtenir confirmation des montants consentis. Pendant ce temps, la population est privée d’un service considéré de nos jours comme essentiel. Internet haute vitesse est un outil de développement social et économique incontournable pour notre région», intervient-il. Ce qui le met le plus en colère, autant que le silence des autorités fédérales, c’est la prochaine facture que Bell lui présentera pour l’utilisation de ses poteaux sur le territoire de la municipalité. «Ça nous coûte 434$ et ça va monter à 1600$. Ces poteaux-là existaient quand je suis venu au monde.» Le comportement de Bell, qui fait grimper les coûts d’exploitation des petites coopératives comme la sienne, est jugé inacceptable pour les communautés rurales qu’elle n’a jamais voulu desservir, pour cause de non rentabilité.

Face à elles, le Québec a déjà annoncé ses couleurs, via le programme Communautés rurales branchées du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire. La coopérative de Saint-Robert Bellarmin et celle de Stratford ont d’ailleurs déjà reçu des confirmations d’une aide financière. Une lettre d’engagement de 477 000$ pour la première et de 297 000$ pour la seconde. Mais que fait Ottawa avec son programme fédéral Large bande Canada : un milieu rural branché? Les intervenants locaux croient savoir que l’enveloppe budgétaire de 255 M$ disponible au fédéral est largement insuffisante face aux demandes qui lui ont été acheminées et qui représenteraient entre 800 M$ et 900 M$.
Pour Wilbrod Dionne, le président de la Coopérative de développement et de télécommunication de Stratford, il est clair que les grosses entreprises ont été attirées par le côté financier du programme, obtenu par les communautés au prix de longues batailles. «On est des citoyens à part entière; on a une dignité, au même titre qu’un citoyen de Calgary ou de Vancouver.»
Les quatre coopératives ont soumis une demande représentant au total un investissement de 5 millions de dollars, pour les aider à financer le coût des infrastructures nécessaires.

«Nous, on n’est pas mort, on est en vie. Il semble que ce soit nos gouvernements qui sont morts», plaide Michel Poulin, plus critique à l’égard du CRTC, plus empressé à ouvrir la porte à des hausses de tarifs de location des poteaux de Bell qu’à soutenir les milieux communautaires qui se prennent en main.

Pour réagir, Connectez vous Pour réagir, Connectez vous

À lire aussi

  • La réflexion sur la voie ferrée se transporte à Lac-Mégantic
    Actualités Sécurité ferroviaire

    La réflexion sur la voie ferrée se transporte à Lac-Mégantic

    Rémi Tremblay / 24 mai 2022
  • Proximité et magie signées Marie Mai
    Culture Musique

    Proximité et magie signées Marie Mai

    Claudia Collard / 24 mai 2022
  • À nous deux Parkinson!
    Actualités Santé

    À nous deux Parkinson!

    Claudia Collard / 19 mai 2022
  • Le Cinéma Mégantic complète sa transition numérique
    Actualités Économie

    Le Cinéma Mégantic complète sa transition numérique

    Rémi Tremblay / 18 mai 2022
  • Marilyn Ouellet, candidate solidaire dans Mégantic
    Actualités Politique

    Marilyn Ouellet, candidate solidaire dans Mégantic

    Rémi Tremblay / 18 mai 2022
Identifiez-vous pour commenter Identifiez-vous pour commenter

0 commentaire

  1. La réflexion sur la voie ferrée se transporte à Lac-Mégantic
  2. Proximité et magie signées Marie Mai
  3. À Doc Humanité: l’histoire tragique de Madame M
  4. À nous deux Parkinson!
  5. Le Cinéma Mégantic complète sa transition numérique
  6. Marilyn Ouellet, candidate solidaire dans Mégantic
  7. Tout un spectacle avec Andréanne A. Malette!
Aux portes de l’abdication
Proximité et magie signées Marie Mai
Recherche d'emplois - Lac-Mégantic
  1. Technicien(ne) en production
    Lac-Mégantic
  2. Plusieurs postes disponibles
    Lac-Mégantic
  3. Intervenant(e) et animateur(trice)
    Lac-Mégantic
  4. Conseiller(ère) en boutique
    Nantes
  5. Mécanicien(ne) de véhicules de loisirs
    Nantes
Répertoire des entreprises