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Pensée collective?

Puissantes secousses sismiques, tsunami meurtrier, alerte nucléaire, le Japon a connu son lot de catastrophes, ces derniers temps. Une dévastation qui se chiffre en milliers de victimes et en centaines de milliards de pertes matérielles. Pendant que les Japonais tentent, tant bien que mal, de surmonter les épreuves dans la dignité, la télé et les fils de nouvelles sur les réseaux sociaux nous alimentent en photos et vidéos de toutes sortes qui démontrent l’ampleur des dommages et leurs conséquences sur le quotidien de ces gens qui vivent à l’autre bout du monde.

Contrairement à ce qui s’est passé en Haïti, j’ai été frappé par l’attitude des survivants du tsunami: un stoïcisme à donner froid dans le dos. Comme si, là-bas, on acceptait de mettre sur le compte du destin la douleur de perdre des proches. À des années-lumière des démonstrations de panique, de pleurs et de chaos captées par les télés dans les heures et les jours qui ont suivi le tremblement de terre en Haïti. Mais de quelle planète viennent-ils, ces Japonais?

Ma première rencontre de troisième type avec un membre de cette nationalité remonte à mon adolescence, dans un externat classique, à Beauport. Pendant que le prof écrivait au tableau, dans une salle de classe située au dernier étage de l’école, j’avais osé plonger un regard à la hauteur de la rue, quelques mètres plus bas, où un homme avec un long manteau noir et un drôle de chapeau rond, comme dans les films d’espionnage, se tenait immobile sur le trottoir d’en face. Après à peine quelques secondes, l’homme avait levé la tête et les yeux vers moi et m’avait adressé un sourire… comme dans un film d’horreur! J’en étais retombé droit sur ma chaise. C’est probablement la seule image que j’ai conservée de cette année scolaire. Un étranger dans la rue qui lève la tête pour me sourire. Étrange que, plus de quarante ans et des poussières plus tard, j’éprouve la même sensation en voyant une survivante, assise sur le bord de ce qui devait être un trottoir, entourée des épaves d’une vie brisée, relever la tête et faire un salut et un sourire à l’équipe de reportage qui s’approche. Le maudit même sourire! D’instinct, j’ai détourné la tête.

Sur Twitter, j’ai écris cette réflexion: «Fascinante l’attitude des gens de la rue, face à cette destruction massive… À la prochaine tempête, essayez d’afficher un stoïcisme à la japonaise, pendant au moins 48 hres. Eux, comment ils font?» La réponse de Dan Tanguay: «Je crois que les Japonais sont un peu beaucoup moins centrés sur eux-mêmes et pensent plus collectivement.»

Tu te fais shaker par un tremblement de terre apocalyptique, ramasser par une vague meurtrière qui te repousse jusqu’à loin dans les terres si elle ne parvient pas à te noyer, tu te fais arroser par la radioactivité, tu te sens comme isolé dans un environnement de fin du monde et tu trouves encore le moyen d’avoir une pensée collective? Ça remue les convictions!

Le tam-tam des tribus

Chez nous, on manque d’épreuve, de pensée collective et de conviction. Mais on connaît pire que le danger de la radioactivité, ça s’appelle la contamination des cerveaux par les vieilles mentalités de fond de village. Pire que la radioactivité, parce que ça se fixe dans les gènes de génération en génération, comme… indécrottable!

À l’ère de la mondialisation, du village global et de l’effondrement des barrières, il se trouve encore des élus locaux qui perpétuent ce genre de menace à la pensée collective. La notion de «bien collectif», ça vous sonne une cloche? Pas eux! Plus facile de se saisir du tam-tam des médias sociaux, varloper les municipalités de la première couronne qui osent afficher une ouverture vers un règlement à l’amiable avec la Ville de Lac-Mégantic et se donner du capital politique en menant une croisade virtuelle contre ceux qui commencent à ramer dans le même sens que leurs citoyens qui croient, eux, aux bienfaits du nouveau centre sportif.

Il y a des croisades qui valent la peine d’être menées, comme celles qui s’organisent autour de la perte d’un service collectif. Dans ce temps-là, on trouve facilement des alliés dans les communautés voisines. Le capital de sympathie que l’on engrange finit alors par mener vers des victoires méritées. D’où l’importance de bien traiter ses alliés d’autrefois et de ne pas leur tourner le dos à la première occasion. Pas très stratégique, donc, de lancer des injures sur les réseaux sociaux, en croyant naïvement que personne ne s’en offusquera.

Le dossier du Centre sportif Mégantic ne fait pas l’unanimité, soit! L’idée du bien collectif ne doit pas être rejetée du revers de la main pour autant. Surtout qu’on parle là d’un service ajouté pour l’ensemble de la région. Un service, on ne le rappellera jamais assez, qui est financé à 80% par Québec et Ottawa. Donc, vos impôts à vous aussi, qui êtes citoyens de la première, deuxième, troisième ou quatrième couronne. Autant, alors, faire en sorte que la population du Granit, dans son ensemble, profite pleinement des différents plateaux, sans qu’un seul contribuable soit forcé de remettre les clés de sa propriété parce que son compte de taxes a trop augmenté.

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