Victimes un jour, résilientes pour toujours

Victimes un jour, résilientes pour toujours - Claudia Collard : Actualités
Une partie des invités et membres de l'organisation du colloque des 1er et 2 novembre. À l'avant, la directrice de La Bouée Sylvie Morin et la présidente d´honneur de l'événement, Colette Roy Laroche.
Victimes un jour, résilientes pour toujours - Claudia Collard : Actualités
Laurence Jalbert (Photo Pierre Lebeau)
Victimes un jour, résilientes pour toujours - Claudia Collard : Actualités
France Castel (Photo Pierre Lebeau)

Le Colloque Victime un jour, est-ce pour toujours, organisé par La Bouée, a réuni plus de 200 personnes les 1er et 2 novembre. Une occasion d’entendre plusieurs témoignages touchants et de nombreuses informations en matière d’agression sexuelle et de violence conjugale. Et de constater cette capacité de rebondir malgré ces épreuves sans nom.

«Avoir des principes, c’est se tenir droit, même dans la pire des tempêtes. On est la somme de nos choix. Nous ne sommes pas des victimes de notre propre vie», a transmis Laurence Jalbert, dont les chansons sont le reflet d’une grande sensibilité, d’un vécu où la maladie et la violence qui l’ont éprouvée lui font ressentir plus que jamais cette force vive qui nous habite tous. «Être libre, c’est le silence entre deux notes. C’est le moment où on ressent profondément qu’on est en vie.»

En vie, Claudia Morin l’est pleinement. Pourtant elle a vécu l’innommable en février 2012, quand son frère a tué ses deux filles et sa mère dans leur domicile de Saint-Romain. Sa responsabilité de maman à l’endroit de ses deux autres filles l’a aidée à garder le cap. «Pour pouvoir aider Victoria et Élisabeth, il fallait que j’aille bien. Je suis allée chercher de l’aide, des outils pour passer à travers.» Elle parle aussi d’une de ses tantes, qui a perdu ses deux enfants dans un accident il y a plusieurs années. Quand le drame est survenu, son oncle et sa tante étaient là pour elle. «Je me suis dit, moi j’ai encore deux belles filles. Ce n’est pas qu’on oublie car pour nous, Laurence et Juliette ont encore leur place. Elles m’habitent et me donnent une force. En plus j’ai eu la chance d’avoir un autre bébé, Rémi, qui est un amour. Mon conjoint Francis et moi sommes un couple soudé. On a choisi de ne pas se laisser abattre. On mord dans la vie et on a plein de projets.»

Tu ne m’as pas tuée

C’est le titre d’une série documentaire d’Elizabeth Laplante. Accusé du meurtre de sa mère, son père s’est enlevé la vie en prison. Cette série a été pour elle l’occasion de boucler la boucle et de donner la parole à d’autres survivantes. Comme Martha, dont l’ex-conjoint s’est suicidé après avoir tué un de leurs enfants. Aujourd’hui elle pratique de nombreuses activités, dont la danse et la randonnée, qui l’aident à garder le cap. «Je me considère encore comme une victime, mais une victime active. Pour mes trois autres enfants, c’est encore très difficile. Je serai heureuse quand il siront bien.»

Briser le silence

«Le plus grand allié de la violence, c’est le silence», a soulevé Blandine Soulmana, animatrice de l’événement. Le silence des victimes mais aussi celui des témoins. C’est l’écoute qu’a reçue Carol-Ann, employée chez Portes Lambton, qui lui a permis de quitter son conjoint violent. Qui fait en sorte qu’aujourd’hui, cette jeune femme déborde de joie de vivre.

C’est lors d’un stage à la Bouée qu’Agathe Breton a réalisé la violence qu’elle avait subie à l’adolescence. Une violence insidieuse puisque son «amoureux» de l’époque ne s’en prenait pas à elle physiquement. Aujourd’hui, elle sait que le contrôle de ses faits et gestes faisait de lui un agresseur plutôt qu’un protecteur. «Sur les affiches, on montre les coups qu’a reçus la victime, pas la violence psychologique», a-t-elle transmis, insistant sur l’importance de la prévention chez les adolescents.

Le mouvement #moiaussi a ouvert une porte trop longtemps fermée sur les agressions sexuelles. «J’ai 300 livres qui sont débarquées de mes épaules. J’ai l’impression qu’on est venu me prêter main-forte. On est dans un vent de changement et c’est important de garder ce changement en vie! Ensemble, on sera toujours plus fort pour lancer un message clair», a lancé Nathalie Simard. Lorsqu’elle a levé le voile sur son agresseur Guy Cloutier, en 2004, un vaste mouvement de dénonciation a suivi. Puis la situation s’est retournée contre elle. Mais c’est avant tout une grande force et une indéniable joie de vivre qu’elle dégage aujourd’hui. Une force qu’elle a puisée dans son amour pour sa fille. «Plus vite on dénonce, plus vite on déploie nos ailes. Se reconstruire, c’est le travail d’une vie. Et vous me permettez aujourd’hui de me reconstruire à nouveau.»

Drôle et pétillante de vie, France Castel est un autre symbole de résilience. Victime d’inceste dans son enfance, de violence conjugale dans sa vie adulte, en proie à des problèmes de consommation, cette femme dit avoir guéri «par les femmes». «Elles ont été les plus solidaires, les plus aimantes». France Castel soulèvera aussi l’importance d’exprimer ce qu’on ressent, de prendre la parole. «Il n’y a aucune raison de subir la violence.»

Pour réagir, Connectez vous Pour réagir, Connectez vous

À lire aussi

  • Construction résidentielle encore au ralenti
    Actualités

    Construction résidentielle encore au ralenti

    Rémi Tremblay / 29 septembre 2020
  • Du soutien bien accueilli au CHSLD de Lambton
    Actualités

    Du soutien bien accueilli au CHSLD de Lambton

    Rémi Tremblay / 24 septembre 2020
  • Luc Berthold déplore l’«improvisation» fédérale
    Actualités

    Luc Berthold déplore l’«improvisation» fédérale

    Rémi Tremblay / 24 septembre 2020
  • Territoire huron-wendat:  les municipalités devront faire avec!
    Actualités

    Territoire huron-wendat: les municipalités devront faire avec!

    Rémi Tremblay / 24 septembre 2020
  • Un mois de culture à Lac-Mégantic
    Culture

    Un mois de culture à Lac-Mégantic

    Claudia Collard / 24 septembre 2020
Identifiez-vous pour commenter Identifiez-vous pour commenter

0 commentaire

  1. Construction résidentielle encore au ralenti
  2. Une portion du rang 10 en chantier
  3. Du soutien bien accueilli au CHSLD de Lambton
  4. Luc Berthold déplore l’«improvisation» fédérale
  5. Territoire huron-wendat: les municipalités devront faire avec!
  6. Un mois de culture à Lac-Mégantic
  7. Des racines au mouvement des Incroyables comestibles
«Notre magnifique territoire»
Un mois de culture à Lac-Mégantic
Recherche d'emplois - Lac-Mégantic
  1. Appariteur concierge au Centre sportif Mégantic (2 postes)
    Lac-Mégantic
  2. Collaborateur(trice) juridique
    Lac-Mégantic
  3. Hygiéniste dentaire
    Lac-Mégantic
  4. Manoeuvre/agent d’entretien de la voie - Lac-Mégantic
    Lac-Mégantic
  5. Plusieurs postes disponibles
    Lac-Mégantic
Répertoire des entreprises