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Plus question d’entrer à l’école le ventre vide?

Plus question d’entrer à l’école le ventre vide? - Rémi Tremblay : Actualités Éducation

Implantées en milieux défavorisés ou non, ce sont toutes les écoles primaires et secondaires du Centre de services des Hauts-Cantons qui recevront une enveloppe budgétaire pour les petits-déjeuners en cette année scolaire 2020-2021. Une somme de 61 000$ sera à partager entre les établissements offrant le primaire et 55 000$ pour l’ensemble des écoles secondaires, confirme le directeur général Martial Gaudreault.

Pour établir comment seront utilisées ces sommes, «il y aura des discussions dans chacune des équipes-écoles», informe-t-il. Pour les établissements qui participaient déjà au programme du Club des petits-déjeuners, dont l’école Notre-Dame-de-Fatima à Lac-Mégantic, l’aide a été bonifiée. La polyvalente Montignac, qui n’a jamais été inscrite à la liste des milieux défavorisés, recevra une enveloppe de 17 000$ pour ses 920 élèves. 

En ce début d’année scolaire, la priorité n’a pas été mise sur ce programme, reconnait Martial Gaudreault, d’autant plus que la décision du gouvernement du Québec d’étendre la mesure d’aide alimentaire à toutes les écoles du Québec n’a été annoncée que deux jours avant la rentrée qui s’est effectuée le 27 août. «Les crédits budgétaires alloués à l’éducation n’ont pas encore été adoptés à Québec», a-t-il ajouté en entrevue téléphonique. La rentrée a surtout été marquée par l’adaptation des milieux scolaires aux directives de la Santé publique en marge de la pandémie de la COVID-19. 

Les équipes-écoles auront à déterminer à l’automne comment ces sommes seront utilisées dans leurs établissements respectifs pour répondre adéquatement aux objectifs d’un programme surtout axé sur une alimentation scolaire de base aux enfants qui entrent à l’école, le matin, le ventre vide.

Des fondations privées, dont la Fondation Louise et Jean-Paul Fontaine, apportent année après année leur soutien financier au Club des petits-déjeuners. «Nous ne savons pas encore quelles seront les demandes qui nous arriveront de l’ensemble du milieu scolaire, avoue Jeannot Hallé, le président de la Fondation Louise et Jean-Paul Fontaine. Il est encore trop tôt pour voir comment l’annonce du gouvernement du Québec concernant l’aide alimentaire dans les écoles sera applicable au jour le jour.»

La Fondation mise sur pied par l’industriel de Woburn et son épouse en novembre 2007 a versé, les dix premières années de son existence, près d’un million de dollars à la communauté, pour répondre à différents besoins, y compris les biens essentiels en milieu scolaire. «La formule du Club des petits-déjeuners repose essentiellement sur du bénévolat. Et le bénévolat est actuellement une denrée rare. Ça ne pleut pas. Est-ce que le gouvernement va pouvoir trouver tous les bénévoles pour couvrir l’ensemble de l’aide financière versée dans toutes les écoles?»

Si la pauvreté demeure un problème de société, particulièrement en région rurale, d’autres phénomènes expliquent que des enfants entrent à l’école le matin le ventre vide. Le temps manque quand les deux parents doivent quitter le domicile pour le travail tôt le matin. 

À l’école Notre-Dame-de-Fatima, les bénévoles du Club des petits-déjeuners servaient en moyenne entre 70 et 80 repas, deux fois par semaine, il y a quatre ans. Et l’an dernier, seulement une trentaine d’élèves s’en sont prévalus. Le service continuera d’être assuré cette année dès les derniers jours de septembre mais, pandémie oblige, plus de repas chaud, que la distribution d’un lunch dans un sac en plastique.

Avant de signer le prochain chèque, la Fondation attend qu’on lui chiffre les besoins. «L’aide de Québec va toucher combien d’élèves par école primaire et secondaire sur notre territoire ? Comment le programme va-t-il être géré au quotidien dans chaque école ? Pour l’instant, nous attendons qu’on nous adresse la demande», indique Jeannot Hallé.


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