Lafontaine et fils

En attente d’une réfection de chaussée depuis 28 ans, des résidents de la rue Baie-des-Sables se mobilisent

En attente d’une réfection de chaussée depuis 28 ans, des résidents de la rue Baie-des-Sables se mobilisent  - Rémi Tremblay : Actualités Municipalité

Les fissures maillées donnent un aspect de peau d’alligator à la rue Baie-des-Sables, dans sa portion «oubliée» après la première phase de réfection de la rue en 1995.

Une mobilisation citoyenne s’organise parmi les résidents de la rue Baie-des-Sables, demeurant dans sa partie «oubliée» par le progrès, au terme de la première étape de réfection réalisée en 1995, et menant au cul-de-sac du complexe récréotouristique. Une pétition portant 150 signatures des propriétaires du secteur sera déposée à la séance du conseil du 19 septembre pour demander des travaux de réfection sur leur section de rue qui continue de se dégrader.

«Vingt-huit ans d’attente semble une période suffisante pour se questionner sur la volonté des élus passés et actuels de finir le projet», mentionne un porte-parole des résidents, André Tanguay. L’hiver et le printemps derniers, le citoyen a interpelé l’hôtel de ville, sans obtenir de réponse satisfaisante. «Payeurs de taxes depuis belle lurette, certains établis depuis plus de 48 ans, les gens de la rue trouvent inacceptable la condition de la chaussée, spécialement lors du dégel printanier. Ils croient que l’achalandage sur la rue et la densification des résidents (enfants, marcheurs, vélos) justifient pleinement une intervention significative de la voirie municipale», lit-on sur la lettre qui a circulé ces dernières semaines. Déformation de la chaussée, fissures maillées lui donnant un aspect de «peau d’alligator», comme souligné dans le document «Étude de la capacité structurale des rues», réalisée en 1993 par le Groupe S.M., la rue Baie-des-Sables ressemblait à «un chemin de bœuf recouvert d’une couche d’asphalte», avant une première phase de réfection réalisée deux ans plus tard sur une partie de la rue débutant à l’intersection de Victoria. 

La deuxième phase n’a jamais été entamée. «Les plus de 100 résidences de qualité de ce secteur résidentiel convoité rapportent beaucoup d’argent de taxes à la ville et leurs occupants se sentent laissés pour compte. Ils disent ne pas vouloir une autoroute, mais qu’on enroche les fossés après les avoir creusés, qu’on répare les «calvettes», qu’on retravaille la structure pour finalement y reposer un asphalte à haute résistance», conclut la pétition.

Une première tentative menée en 2000 et visant à poursuivre la réfection jusqu’à l’extrémité de la rue a échoué. Lors d’une tenue de registre sur un règlement d’emprunt de 920 000$, «les citoyens de la ville ont fait savoir, de façon non équivoque, qu’ils se sentaient étranglés par les taxes municipales et que même s’ils reconnaissaient le piètre état des rues (dont Baie-des-Sables), ils ne pouvaient accepter le principe de l’utilisateur-payeur qui risque de faire gonfler leur facture et la dette publique», rapportait L’Écho, dans son édition du 7 mai 2000. En tout, 1483 propriétaires, locataires et simples électeurs avaient signé là où il fallait au moins 440 signatures pour aller en référendum.

À l’époque, l’inquiétude s’exprimait ainsi: «Il va venir un temps où nos maisons seront tellement taxées qu’on ne sera plus capable de les vendre.» En 2000, le marché immobilier n’avait jamais présenté un tel inventaire de maisons à vendre. Le commentaire d’un citoyen recueilli par les deux journalistes de l’Écho qui couvraient l’échec du règlement d’emprunt: «Qu’est-ce qui arrive? Une ville qui a une dette de 8 millions et des rues aussi maganées, ça donne un nouveau signal.» Rarement une telle manifestation de mécontentement à l’occasion d’une procédure administrative comme la tenue de registre. Un mouvement poussé par un Comité de protection économique, appuyé par la Ligue des propriétaires, en réaction à la nouvelle politique de répartition des coûts de réfection des rues, dans une proportion de 75% à la charge de l’ensemble des payeurs de taxes et 25% sur le compte des propriétaires de la rue concernée.

Portrait peu flatteur pour cette entrée dans le 21e siècle, 60% du réseau routier de Lac-Mégantic était jugé désuet. 

Dans ses prévisions budgétaires 2023, la Ville de Lac-Mégantic a annoncé un taux d’endettement de 32,4 M$, en hausse de 17% sur l’exercice précédent, «permettant la réalisation d’emprunts importants pour des projets majeurs», incluant la réfection de la rue Laval et la caserne incendie. Mais rien dans le programme triennal d’immobilisations 2023-2024-2025 pour la réfection de la rue Baie-des-Sables, sauf le remplacement d’un ponceau pour une valeur de 126 500$. 

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