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Assemblée de cuisine avec Gabriel Nadeau Dubois

Assemblée de cuisine avec Gabriel Nadeau Dubois - Rémi Tremblay : Actualités

Dans la cuisine de Marisol LaNeuville, à Marston, la table est mise pour une discussion sur les principaux enjeux du Québec. Les citoyens parlent et Gabriel Nadeau Dubois écoute.

Avec une douzaine de personnes assises autour de la table, la cuisine de Marisol LaNeuville est plongée sous un éclairage tamisé. Ce soir, ce sont les citoyens qui prendront la parole. Et l’invité, Gabriel Nadeau Dubois, écoutera. La tournée Faut qu’on se parle s’arrête à Marston. Et pour la première fois, le gars souvent associé à la gauche et au Carré rouge constatera la cassure de plus en plus profonde entre l’urbanité et la ruralité. Entre les terreaux de la gauche et ceux de la droite.

Le soleil s’est couché tôt. Après avoir fini leur assiette de spaghetti, sauce maison, les enfants de Marisol et de Isaac Gayosso prennent congé de leurs invités et passent au salon laissant toute la place aux grands qui ont beaucoup à dire.

Comme l’explique le porte-parole du Collectif Faut qu’on se parle, l’objectif de la rencontre non partisane est d’arriver à des propositions concrètes pour l’avenir du Québec. Le groupe des «9» à l’origine du mouvement prévoyait recevoir entre 50 et 80 demandes d’assemblées de cuisine. Les citoyens ont répondu à l’appel en adressant 285 invitations. Et pas seulement à Montréal ! Jusqu’au nord du nord, avec les Inuits!

Une tournée que Gabriel Nadeau Dubois explique en ces termes : «Malgré la recrudescence des mouvements citoyens et des mobilisations sociales, malgré le fait que ça brasse dans la société civile, sur le plan politique les choses sont bloquées. L’explication voulant que ce soit le résultat de la division du vote, nous on pense que c’est trop superficiel. Il y a des raisons beaucoup plus profondes, dont l’absence d’un réel projet de société, alternatif et global. Les propositions émises jusqu’à maintenant ne suscitent pas l’enthousiasme d’une masse critique. Comment pourrait-on contribuer à débloquer cette impasse?»
Pendant plus de trois heures, des gens issus du secteur agricole, forestier et communautaire réfléchiront et partageront sur le thème des régions, et plus précisément sur l’agriculture de proximité et ses impacts sociaux, économiques et environnementaux majeurs.

Des idées audacieuses mais réalistes, comme celle de cet enseignant en foresterie qui propose la distribution des terres publiques à des jeunes de la relève. «Le Québec est plein des ressources, lance Serge Liard. Avec une formation adéquate, c’est possible d’avoir un peuple qui s’enrichit et se développe.» «Remettre le bien commun au centre de l’objectif», suggère de son côté Benoit Laplante, copropriétaire d’une ferme à Saint-Romain avec son amour de toujours, Françoise Forest.

Et pour ce faire, celui qui a milité au sein de l’Union paysanne de Roméo Bouchard aimerait bien voir sortir des tablettes le rapport Pronovost, trop vite écarté du revers de la main par les gouvernements successifs depuis son dépôt à l’Assemblée nationale en 2008. La plupart, sinon tous les participants à la rencontre, sont impliqués à leur façon dans leur communauté. Gabrielle Pharand-Rancourt recherche le vivre ensemble. D’autres épousent d’emblée les causes sociales qui touchent la portion de la population plus économiquement défavorisée. Emmanuelle Durocher de Lac-Drolet travaille au Centre des femmes. Ce qui la préoccupe rejoint l’interrogation des parents vivant en régions plus ou moins éloignées: l’accès à l’éducation et aux études supérieures. La question qui tue: s’approcher de la ville pour accompagner les enfants ou rester.

Alexandre Marleau est producteur maraîcher à Saint-Ludger. Il a repris la terre de ses parents. Il souhaite aborder le thème de l’occupation du territoire. «St-Ludger est un petit village de 1200 personnes. La population a baissé, il y en a déjà eu 1500. Mais là elle est stable parce que quelques jeunes comme moi ont choisi de rester sur place. Même que le nombre de jeunes à l’école augmente. Des réunions comme celle-ci, il n’y en a pas souvent chez nous. Il en faudrait pour revitaliser les villages, pour que les gens soient fiers d’habiter les petits villages et sentent un sentiment d’appartenance.»

Entre la beauté des paysages et les sacrifices qu’impose le fait d’habiter loin des grands centres, l’obligation de livrer des batailles, notamment en agriculture, où il y a encore de la place pour les petites entreprises agricoles ou agroalimentaires.

En région, tout n’est pas noir ou blanc. Si parfois le portrait parait sombre, personne ne veut abdiquer. Faudrait qu’on se parle, conviennent-ils, mais surtout qu’on rétablisse les ponts entre le Québec de la ville et le Québec des régions.

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