Baie des Sables

La rétention de la population passe par une nouvelle culture d'entreprise

La rétention de la population passe par une nouvelle culture d'entreprise - Claudia Collard : Actualités

Jean-Marc Gagnon, responsable du comité entrepreneuriat du Défi 2025.

Pour attirer des nouveaux citoyens dans la région granitoise afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre et, du coup, atteindre l’objectif d’augmenter la population de 2025 personnes dans les sept prochaines années, la solution doit venir de la base. «Il est important que les entrepreneurs parlent le même langage, se regroupent pour partager leurs initiatives en matière de rétention de leur main-d’oeuvre. Les organismes de développement doivent soutenir ces initiatives plutôt que trouver les solutions», transmet Jean-Marc Gagnon.

Le responsable du comité entrepreneuriat du Défi 2025 est formel: il ne sert à rien de tabler sur un marketing accrocheur, vantant les mérites de la région, si en bout de piste un nouvel arrivant ne se sent pas bien accueilli au sein de l’entreprise qui l’embauche. «Il faut comprendre que le gros bout du bâton, c’est l’employé qui l’a présentement. Il peut aller travailler n’importe où au Québec. Pour être un entrepreneur de choix, il y a des pratiques à adopter. Tous ne sont pas à la même place mais les entreprises qui ont déjà mis en place une telle culture peuvent en aider d’autres. D’où l’importance de se regrouper.»

Formé depuis déjà un an, un club de jeunes entrepreneurs se rencontre sur une base régulière. Le regroupement est formé de huit entreprises, ayant toutes à leur tête «une femme ou un homme orchestre et aspirant à passer à un autre niveau», communique M. Gagnon, soulignant le dynamisme de cette nouvelle entité. Pour 2018, le comité entrepreneuriat vise la formation d’un club d’entrepreneurs seniors. Toujours dans un même but, attirer mais surtout maintenir la main-d’œuvre tant recherchée. «La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un chargement de garde au sein de plusieurs entreprises; on est plus réceptif aux nouvelles réalités.»

En tant que PDG de l’entreprise Attraction de Lac-Drolet durant 30 années, M. Gagnon a pu expérimenter les bienfaits du regroupement des chefs d’entreprises. «Ça permet de s’entraider, de partager des solutions. On dit que les entreprises regroupées sous forme de club réussissent mieux que les autres. Par ailleurs, une entreprise qui ne comble pas son besoin de main-d’œuvre ne peut réaliser de nouveaux projets.»

Au défi d’attirer de jeunes professionnels sur le territoire s’ajoute celui d’assurer la relève concernant la main-d’œuvre de production. «Cette réalité nous amène, entre autres, vers l’immigration. Ce défi-là n’est pas simple; il est important d’avoir des comités d’accueil et d’intégration au sein des entreprises et de s’assurer qu’on prenne le relais dans le milieu de vie, en dehors des heures de travail.»

Selon Jean-Marc Gagnon, l’image de marque de la région viendra directement des gens de l’extérieur qui ont choisi de s’établir ici et d’y demeurer. «Le changement doit se faire de façon collective. C’est par la suite qu’une identité régionale va se définir. Ne cherchons pas à lui donner un titre; laissons plutôt les gens de l’extérieur nous le donner. On ne fait pas du marketing sur ce qu’on veut être mais plutôt sur ce qu’on est réellement devenus.»

S’il est primordial pour les entreprises de se concerter, les municipalités ont un rôle tout aussi crucial à jouer. «Pour «vendre» la région, on a besoin de beaucoup d’exemples d’employeurs d’ici et d’employés venus d’ailleurs qui vivent une expérience positive et ce, dans chacune des municipalités. Ça implique bien sûr l’apport des entrepreneurs mais aussi des dirigeants municipaux. Il se passe quoi après 17h? Est-ce qu’il y a une garderie, une école, un restaurant, des activités de loisirs? Sur le plan régional, il faut trouver des activités qui nous rassemblent et non qui nous divisent. On a tous intérêt à travailler ensemble pour favoriser l’attraction de la main-d’œuvre. En ce sens chaque citoyen peut devenir un ambassadeur de la région. Avec les réseaux sociaux, on est connectés sur la planète; si chacun fait un «marketing positif» de la région, les retombées seront importantes.»

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